Article: Propagation d'érable japonais

Propagation d'érable japonais
Avant toute chose, assurez-vous d'avoir tout ce dont vous avez besoin pour réussir.

Choisissez une pousse qui casse net, plutôt qu'une pousse qui se plie ou se courbe. La pousse doit casser net au milieu (même si l'extrémité peut encore se plier ou se courber, et la base peut se briser). Je prélève les boutures juste au moment où les pousses commencent à casser net. Cela se passe à la mi-mai dans l'est du Canada.
Je récolte les pousses tôt le matin, avant le lever du soleil.
Mes plantes mères sont fortement fertilisées (à la limite du raisonnable) depuis le début du printemps. Je ne sais pas si cela a une importance, mais tout se passe très bien !
Lors du choix des plants mères, la jeunesse est un facteur important. Prélever des boutures sur un grand érable ancien est moins productif que de prélever des boutures sur des plants âgés de 3 à 10 ans.

Je prélève un entre-nœud dont la tige est suffisamment longue pour être enterrée de 3 à 5 cm dans le substrat. Certains en prélèvent deux entre-nœud car ils préfèrent en enterrer un. Les deux méthodes fonctionnent aussi bien pour moi, j'ai donc arrêté d'enterrer un nœud car un nœud enterré est une bouture perdue.

Voici où nous en sommes : 
Sur cette image j'utilise des ciseaux pour couper et tailler la base afin d'exposer le cambium. Aujourd'hui, je préfère largement utiliser une lame à greffer !
Je réalise deux incisions consécutives, comme pour une greffe de scion (si vous cherchez une image, les greffes de scions sont bien documentées en ligne).

J'enlève les lobes des feuilles afin de réduire la transpiration. On peut également la réduire en maintenant une humidité élevée, en vaporisant régulièrement, et en protégeant les boutures du soleil direct et du vent.
Dans cette course contre la montre, il est essentiel de mettre toutes les chances de votre côté. Une bouture n'a pas de racines et, tant qu'elle n'en a pas, elle ne peut pas récupérer efficacement ce qu'elle perd par transpiration.

Je trempe la base de la bouture dans de la poudre d'hormone d'enracinement à 0,8 % d'IBA.

J'applique également de la pâte adhésive liquide sur le dessus. Certaines personnes ne le font pas, mais je le fais en supposant que cela pourrait réduire la transpiration tout en scellant un point d'entrée potentiel pour les agents pathogènes. Peut-être que ce n'est pas nécessaire, je ne sais pas.

Je place les boutures dans un substrat stérile, bien rincé et humidifié. Il ne faut pas arroser le substrat après l'insertion des boutures, car cela éliminerait l'hormone. Je vaporise si fréquemment que je n'ai pas besoin d'arroser le substrat pendant 3 à 4 semaines (largement suffisant pour que l'hormone agisse, je pense).
Je recommande comme substrat un mélange de 3 parts de perlite et 1 part de fibres de coco (ou d'écorce de pin). Utilisez des particules fines, mais pas de la poussière. En réalité, pendant longtemps j'utilisais le substrat qui me tombait sous la main, et ça fonctionnait très bien aussi.

Voici une photo d'une installation que j'ai utilisée avec succès chez moi. Il s'agit d'une mini-serre à 29 $ CA et d'un humidificateur à brume froide à 20 $ CA. À mon avis, c'est le strict minimum si vous souhaitez vous y intéresser sérieusement.
J'ai installé des brumisateurs reliés à un programmateur et à un tuyau d'arrosage. Avec ce système, je brumisais 15 secondes toutes les 10 minutes le jour, et beaucoup moins la nuit. La fréquence de brumisation idéale dépend de nombreux facteurs, comme la météo et la pression du tuyau. Vous pouvez aussi brumiser manuellement, mais… Maintenez le feuillage humide du lever au coucher du soleil. Si le feuillage sèche, même brièvement, en plein soleil, vous compromettez la reprise de vos boutures ! Ne blâmez pas les boutures, blâmez-vous !
Cette tente recevait le soleil du matin (du lever du soleil à 11h) et restait à l'ombre le reste de la journée.

Voici à quoi peuvent ressembler les boutures en juillet de la même année (8 semaines après le bouturage). C'est un bon moment pour les rempoter (choisissez une journée nuageuse). Cependant, il est beaucoup plus sûr de les laisser dans leur barquette pendant toute la période de croissance et de les rempoter délicatement à la fin de l'hiver ou au début du printemps suivant (9 à 10 mois après le bouturage), ce que je recommande aux débutants. La protection hivernale est essentielle.

Voici à quoi les boutures peuvent ressembler en novembre (6 mois après la coupe), dans le meilleur des cas. La plupart ne produiront pas de nouvelles pousses aussi rapidement, et c'est normal. N'oubliez pas de ne publier que les plus belles sur les réseaux sociaux et de cacher les autres !

Autres conseils :
Utilisez des outils et un espace de travail stérilisés. Stérilisez à nouveau entre chaque plante mère. Utilisez un plateau ou un pot par plante mère, si possible.
La chaleur de fond peut aider, mais elle n'est pas indispensable. Elle constitue néanmoins un atout supplémentaire. En d'autres termes, je la recommande vivement. Une température de fond d'environ 23-24 °C (75 °F) suffira amplement.
Il y a de nombreux facteurs et variables à maîtriser. Il n'est pas nécessaire qu'ils soient tous parfaits, mais dès qu'on s'en écarte, les chances de succès diminuent.
